Rudolf Rosch

VAPORETTO TRANSIT

L’introspection est au coeur de ma démarche photographique. J’aime l’idée d’une immersion totale dans un lieu, un projet, une technique, en restant connecté à mon sujet. Mon appareil est simple, complètement manuel, sans cellule photoélectrique. Il me convient. Il me permet d’être le plus poreux possible à l’environnement. Le risque est au coeur de ma photographie. Risque sur l’évaluation de la lumière, risque lié au choix de l’argentique, incertitude du résultat. Je ne fais en général qu’une seule image d’un paysage, d’un visage. J’aime le noir et blanc, épuré, minimaliste. Mes images sont sombres. J’aime la prise de vue en pose lente, à la volée pour imprimer ma propre vibration au sujet. J’aime l’atmosphère du flou qui stimule les sens, l’ouïe, l’odorat. Je développe mes films en laissant un peu le temps passer. Je redécouvre ainsi mes photos, comme si c’était un autre qui les avait faites. J’aime cette distance, ce recul. Je réalise des tirages photographiques de certains projets en utilisant parfois des techniques
anciennes, telles que le procédé Van Dyke. J’aime le voyage et cette sensation de s’oublier soi-même, de redécouvrir la vie comme un enfant. L’errance, la déambulation me guident vers l’inconnu. Le hasard joue à chaque fois son rôle et me permet de remplir au jour le jour un carnet de voyage improbable où toute photographie est finalement un accident. Vaporetto Transit est le premier volet d’un projet d’un cycle de voyages « hors saison » que je réalise à travers des villes d’Europe et d’ailleurs depuis

Né en 1970, Rudolf ROSCH vit en région parisienne où il travaille comme physicien. Il réalise ses premières photographies en couleur au milieu des années 80 en Europe et aux Etats-Unis. Il découvre ensuite la magie du laboratoire argentique au cours de ses années universitaires. En 2006, il rejoint le Photo-Club de la MJC de Palaiseau animé par le photoreporter Olivier Corsan. Il participe régulièrement aux expositions du club et est programmé deux fois à Photoclubbing, le mois palaisien de la photo, en
2009 et 2013. Ces deux expositions, sur les paysages d’Île-de-France et sur le lac d’Annecy, proposent un travail sur la lumière en noir et blanc. En parallèle, il s’intéresse aux faits de société et réalise en 2012, un reportage de plusieurs mois sur un couple de glaneurs au marché de Versailles. L’année suivante, il parcourt les citées déshumanisées de la banlieue parisienne et produit une série de photos floues qui donne lieu au diaporama Trouble banlieue. Il poursuit ce travail sur le flou et sur l’interprétation du réel en 2014 en proposant avec les diaporamas Autrement Palaiseau et Des Figures, une vision personnelle de la nuit et du
portrait dans cette ville où il réside. En 2017, Il entreprend en Europe son projet « hors saison » fait d’errances, de déambulations
dont Vaporetto Transit est le premier volet.