CORONA DAYS Photographes du Parisien

En décembre 2019, la Chine est frappée par le coronavirus, qui sera rapidement rebaptisé COVID-19. Le mal est inquiétant. Il tue aveuglement. Les scientifiques avouent rapidement leur impuissance. Pas de vaccin. En Europe, les politiques tergiversent. Masques, pas masques, gestes barrières. Le mal est en Asie. Il finira bien par arriver à nos portes. Quand ? Comment ? D’abord l’Italie, puis l’Espagne et quasiment simultanément, la France. L’Est, puis le Nord, puis l’Ile-de-France. Les restaurants sont fermés, les compétitions sportives suspendues. Paris se vide comme jamais. La rue de Rivoli n’est plus qu’une perspective désertée. Les services de réanimation des hôpitaux se remplissent. Y aura-t-il des lits pour tous ? La peur se répand. Le meilleur et le pire se côtoient. Pendant que certains organisent la solidarité, des voisins laissent des mots anonymes sur les pare-brise de soignants, leur demandant de déménager dans les meilleurs délais. La rédaction du Parisien, comme beaucoup d’autres, se met au télétravail. Le Parisien a un staff de photographes, qui doit aller sur le terrain. Avec mille précautions, pendant plusieurs semaines, ils vont couvrir cette actualité, qui ne ressemble à aucune autre, sans point de repère. Il y a le risque de la contamination, la fatigue liée au stress de la situation, la détresse qui est côtoyée de près, l’isolement, la maladie, la mort… les doutes, les interrogations. Ai-je bien photographié la situation ? Ne suis-je pas passé à côté du sujet ? Ai-je raté quelque chose ? Ai-je été lucide ? Ai-je été à la bonne distance ? Suis-je trop loin ? Ai-je manqué de recul ? Beaucoup de questions. Au final, en guise de réponse, une série de photos qui documentent un moment de notre histoire dont nous serons nombreux à nous souvenir longtemps. Les voilà, ces images, ces photos, ces documents.

Le pôle visuel du Parisien est composé entre autres de 13 journalistes de terrain, qui réalisent des reportages photos et vidéos sur l’actualité francilienne, nationale et parfois internationale pour la version papier et digitale de leur titre. Tous sont très expérimentés et salariés depuis plusieurs années de leur journal. Ils sont polyvalents, passent indifféremment du reportage au portrait de personnalités anonymes ou connues, couvrent tous types d’actualité (politique, sportive, culturelle, sociétale, économique), du coin de la rue à la en zone de conflit. Pendant les six mois des Printemps arabes, le Parisien est peut-être la seule rédaction au monde à avoir eu sur place de bout en bout un photographe pour couvrir ces révolutions, qui ont commencé en Tunisie pour se terminer en Lybie en passant par l’Egypte entre autres. Le Parisien est un grand journal populaire, de proximité, qui essaie de travailler à hauteur d’homme et qui se donne encore les moyens d’aller sur le terrain pour comprendre, décrypter et raconter ce dont notre société est faite. Les yeux des 13 femmes et hommes du pôle visuel du Parisien en sont le regard.